Révolution Linux, de l’éducation aux infrastructures

Mercredi, 2 mars 2005


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Catégorie: Actualités
par Webmaster
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 L'aventure de la firme sherbrookoise Révolution Linux a démarré avec Ã?duLinux, une distribution Linux développée en collaboration avec l'Université de Sherbrooke et son Groupe d'utilisateurs Linux (GULUS). La firme, fondée en 2003, prend de l'expansion, fait sa marque dans le marché de la consultation et des infrastructures, et participe ? des projets collectifs comme MILLE.

 Les trois associés ? l'origine de Révolution Linux (Benoit des Ligneris, Francis Giraldeau et Jean-Michel Dault) sont ingénieurs et informaticiens. «Il y a deux ans, Benoît était au doctorat ? l'Université de Sherbrooke, Francis en génie et moi, je travaillais pour Mandrake et nous étions tous les trois très actifs dans le GULUS, raconte Jean-Michel Dault.


 La faculté de génie de l'Université de Sherbrooke appréciait bien les logiciels libres et voulait en faire une distribution adaptée aux besoins de l'éducation et de la bureautique. On a lancé en 2003 une première version d'Ã?duLinux et ç'a été tout de suite un succès. On a mis en place des sites miroirs en Belgique, on a eu des commandes des quatre coins du monde (francophone).»

Le logiciel étant vendu sur support CD-ROM ? un prix symbolique de 25 $, on comprend vite qu'il est impossible de monter une entreprise autour d'un tel «produit», peu importe le volume de ventes. Ces nombreuses heures de travail bénévole au sein d'un groupe d'usagers pour le développement, puis les premières implantations-pilotes d'�duLinux se sont petit ? petit transformées en une entreprise ? but lucratif. Révolution Linux se positionne aujourd'hui comme une entreprise de consultation et d'intégration, des spécialistes en migration et personnalisation de logiciels libres et les créateurs de �duLinux.

La jeune firme tire ses revenus de trois principales sources: les projets de recherche et développement financés par ses clients, la production de documentation pour ses clients qui recherchent des modes d'emploi et des

solutions intégrant plusieurs logiciels libres et finalement, les contrats d'installation et de support, souvent liés aux infrastructures.

« Le succès d'�duLinux nous a rapporté plusieurs projets et mandats et il est clair qu'on ne pouvait plus tout faire en tant que bénévoles, se souvient Jean-Michel Dault. Parmi les premières implantations majeures d'�duLinux, il y a eu le Carrefour Jeunesse Emploi ? Ville LaSalle et l'�cole secondaire La Magdeleine ? LaPrairie. Ces projets ont demandé beaucoup de temps et les utilisateurs ont vite requis un support commercial, qu'il n'était pas possible de fournir comme bénévole. On a donc monté cette compagnie, qui avait comme premier mandat d'assurer la distribution d'�duLinux et de commercialiser les services qui y sont reliés. Au départ, mes associés étaient encore, partiellement aux études. On est maintenant engagés ? temps plein dans la compagnie. � ma connaissance, on a été les premiers ? faire une distribution aussi importante d'un outil bureautique, et on a aussi été les premiers ? faire une implantation massive de terminaux X. »

De l'université ? l'entreprise

Selon Jean-Michel Dault, le passage d'un fournisseur issu du milieu universitaire vers une entreprise commerciale s'est effectué sans heurt par rapport aux usagers. « Qu'on parle de logiciel libre ou commercial, dit-il, on sait bien qu'il n'y a rien de vraiment gratuit; les consommateurs ne sont pas dupes. Quand tu es revendeur autorisé des produits d'une grande compagnie comme Oracle, PeopleSoft ou n'importe quelle autre du genre, tu tires une partie de tes revenus de la vente de licences, mais aussi et surtout avec les services, le support et la formation.

« Dans la plupart des contrats, la partie licences est relativement minime. Si on prend l'exemple d'un gros système de gestion des ressources d'entreprise (ERP), la partie licence peut représenter 40 000 $ mais le client devra débourser pour l'implantation 500 000 $ ou plus, soit dix fois le montant de la licence. L'avantage avec les logiciels libres, c'est que le client n'a aucun frais de licence ? payer. L'argent sert ? payer du service, de la formation et reste dans l'économie locale plutôt que de partir pour Redmond, Seattle ou je ne sais où.  Â»

Révolution Linux, avec sa petite équipe de huit personnes, réussit ? tirer son épingle du jeu et décroche des mandats stratégiques aussi bien dans le secteur de l'éducation où elle a débuté, que dans le marché plus vaste des PME et plus lucratif des organismes publics.

« Un des plus gros problèmes que les clients rencontrent avec l'informatique, c'est que c'est jamais la faute ? personne lorsqu'il y a un problème, rappelle Jean-Michel Dault. Nous, on essaie de supporter nos clients peu importe le fabricant et le fournisseur de matériel qu'il a choisi, qu'il opte pour un environnement complètement libre ou un mélange entre Linux, Novell et Windows. Contrairement aux fournisseurs de logiciels propriétaires qui s'organisent pour garder leurs clients indéfiniment dans le but de leur revendre des licences et des mises ? jour, dans le monde du logiciel libre, on vise plutôt l'autonomie du client. »

Les jeunes entrepreneurs ? la tête de Révolution Linux ambitionnent monter une boîte reconnue internationalement, mais ils testent encore différents modèles d'affaires. « On avait pensé ? un certain moment devenir une entreprise de grappe de calculs (clusters) pour des centres de recherche, mais cette activité est trop liée au matériel et ça nous aurait rendu ? la merci des fabricants de matériel, ce qu'on ne veut pas, précise Jean-Michel Dault. On travaille forcément avec des fabricants et fournisseurs de matériel, mais ce n'est clairement pas notre cheval de bataille.  Â»

Des mandats

Entre autres mandats récents, Révolution Linux a remporté l'appel d'offre du Secrétariat du conseil du trésor du Québec afin d'implanter et de supporter des postes de travail 100 % Linux équipés d'EduLinux. Le projet démarre par un test de trois mois avec une quinzaine d'usagers dont les postes Linux s'intègrent dans un environnement Novell pour certains et Active Directory pour d'autres. Novell et Révolution Linux sont partenaires dans ce projet pour tout ce qui concerne la comptabilité avec l'infrastructure technologique (annuaire, impression, fichiers) déj? en place alors qu'un serveur SuSE assure le pont entre les annuaires propriétaires et les stations de travail. L'expérience sera évaluée par le CIRANO afin de documenter les points forts et les points faibles du projet-pilote une fois réalisé.

Du côté des PME, Revolution Linux a fourni au bureau sherbrookois d'architectes Espace Vital une solution intégrant le serveur de fichiers Samba, le logiciel de gestion des courriels Kolab, l'application Web de travail collaboratif eGroupWare, un solide coupe-feu pour l'accès ? Internet et une solution de copies de sauvegarde par Internet.

Impartition

Révolution Linux accepte également les contrats d'infrastructure informatique en impartition. Le premier client en impartition complète de l'entreprise a été annoncé l'automne dernier; il s'agit du bureau d'évaluateurs agréés J.-P. Cadrin et associés de Magog, qui a confié ? la jeune entreprise informatique la gestion de son infrastructure bureautique. Ce bureau était ? la recherche d'une solution pour un serveur de bureautique qui serait ? la fois simple, performante, abordable et sans-souci. Ils ont retenu la solution ServeurVital de Révolution Linux.

« La solution ServeurVital de Révolution Linux mise de l'avant pour ce mandat, permet ? une entreprise de louer un serveur de bureautique complètement configuré et entièrement supporté ? un coût mensuel raisonnable, explique-t-on chez Révolution Linux. La solution ServeurVital inclut l'authentification unique LDAP, un serveur de fichiers Samba (PDC NT), un serveur de courriels et de gestion de groupe de travail Kolab, des filtres anti-virus et anti-pourriel, des copies de sauvegarde par Internet avec historique, des coupe-feu Internet avec accès VPN, un serveur intranet/extranet (Apache/PHP/eGroupware/Typo3) et une assurance plan de relève en cas de sinistre.

Révolution Linux est également très active dans le projet MILLE (Modèle d'infrastructure de logiciel libre en éducation) ? la Commission scolaire de Sherbrooke et a notamment publié le livre blanc du projet MILLE-XTERM sur son site Web, www.revolutionlinux.com

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