Pourquoi il faut croire en Linux et Open-source…
Lundi, 12 septembre 2005
En ouverture de ses rencontres
professionnelles 'Brainshare' ? Barcelone, Novell se réjouit des
avancées de l'Open Source. Mais il reste beaucoup de promesses ?
tenir…
Barcelone - Novell continue de négocier son virage vers le logiciel
libre. L'éditeur de Netware ne s'en cache pas: elle fait un pari sur
son futur "OpenSuSE", la version 10.0 de Linux SuSE.
Mais elle le fait avec le soutien de constructeurs comme HP, Unisys ou encore l'un de ses principaux actionnaires: IBM.
A
l'ouverture des journées européennes 'Brainshare' qui se tiennent du 12
au 14 septembre ? Barcelone, les responsables de Novell ont réaffirmé
leurs convictions 'Open-source'. Ils n'hésitent pas ? citer les
témoignages de grands comptes enthousiastes, comme la banque irlandaise
AIB Group, le groupe de chaînes de télévision britannique ITV, la
compagnie d'aviation TAG, le canton de Genève (Suisse)…
Novell s'enorgueillit de compter 13.000 clients en Europe. Explication: "Nous sommes clairement une alternative ? Microsoft."
Le
déclin de Netware -le pionnier des systèmes réseaux d'entreprise
(propriétaire mais standard 'de facto' avec IPX) était prévu,
prévisible et quasiment programmé. Seulement voil? , il n'est pas encore
suffisamment compensé par les ventes de licences et de services autour
de SuSE Linux.
Les revenus ont baissé au 3è trimestre (au 31 juillet, 290 millions contre 305 l'année précédente).
Le président, Jack Messman, qui a prévenu qu'il ne répondra aux questions financières, tient pourtant ? préciser:
"Ce sont les chiffres d'un trimestre. Ils ne sont pas significatifs de notre situation en général".
Et d'expliquer, en substance, que les migrations de licences ne se font
pas en quelques semaines. C'est un processus que Novell a enclenché
depuis plus 18 mois et qui prendra encore 2 ? 3 ans dans certaines
entreprises. Car c'est une question quasiment philosophique: faut-il
migrer vers l'Open-source, et quand?
Les managers de Novell gardent confiance: "Les revenus en provenance de Linux se sont élevés ? 44 millions sur ce trimestre", confirme J. Messman.
Sur
ces 44 millions, 31 millions provenaient d'Open Enterprise Server (OES)
et 8 millions de SuSE Linux Enterprise Server (SLES). C'est autant
qu'en 2004.
Au global, toujours sur les 290 millions de ce 3è
trimestre, ce sont les services de maintenance qui ont fait le gros du
chiffre d'affaires: 244 millions (légèrement inférieurs aux 247
millions de l'an passé) contre 45,6 millions seulement en provenance
des licences logicielles (57 millions en 2004).
"Novell est
toujours engagé ? se réinventer comme fournisseur de logiciels et de
services Open-source. C'est une ambition mais également une transition
complètement nécessaire dans ses activités. Les revenus de ses produits
propriétaires ne dépasseraient pas 1,6 million de dollars", commentait récemment David Bradshaw, un analyste du cabinet Ovum.
Alors sur quoi repose le pari de Novell? Sur 5 lignes d'activité:
1-"Novell for desktop": selon l'éditeur,il y a une carte ? jouer avec Linux sur les postes de travail. "Non pas sur tous les postes", explique Greg Mancusi-Ungaro, directeur du marketing. "Nous
sommes convaincus qu'il y a un potentiel de 10 ? 15% des utilisateurs,
par exemple, ceux des centres d'appel, ou dans les applications
techniques, qui ont déj? pris ou vont choisir l'option Linux - sans
oublier les utilisateurs ? leur compte, ceux qui sont séduits par
Mozilla FireFox".
La motivation principale ici, c'est diminuer les coûts du 'hardware' et du 'software';
2-"Novell
for the data center": on rejoint ici les orientations d'IBM, ou
d'Unisys notamment, et le marché des grandes organisations publiques,
ministères ou collectivités; Unix, avec ses différentes licences,
toutes "propriétaires", peut céder la place ? Linux, sans drame;
3-"Novell
resource management": c'est notamment l'offre ZENworks, une 'suite' qui
permet de contrôler le cycle d'exploitation des configurations Linux, y
compris, avec la version 7.0, les immobilisations informatiques; une
offre qualifiée de "solide" par les entreprises utilisatrices;
4-"Identity
and access management": outre le succès de son module 'single sign on'
(une procédure d'identification unique par utilisateur, répliquée
automatiquement sur plusieurs serveurs d'un même domaine), Novell a
construit un ensemble de procédures de sécurisation des accès
(authentification, cryptage, etc.)
5-application collaborative
ou "workgroup": Novell compte beaucoup sur la version 7 de "GroupWise"
-son arme de guerre pour rivaliser avec Exchange de Microsoft et Lotus
Notes d'IBM: l'éditeur de SuSE revendique près de 20% de part de marché
face ? ses deux rivaux qui détiendraient 30 ? 35% chacun.
Enfin,
durant ces trois jours, nul doute que l'on en saura un peu plus sur la
version 10.0 de SuSE ("OpenSuSE") qui avait été annoncée pour le 6
octobre. Rappelons qu'elle s'appuie sur le 'kernel' 2.6.13 de Linux.
Pour
Novell, c'est la confirmation de son virage stratégique, consistant ?
ouvrir son code ? la communauté des développeurs Open-Source. Encore un
pari.
Publié par Webmaster | Pas de commentaire
Avant: L’avenir de Palm OS passe-t-il par Linux?
Apres: Les logiciels libres mieux protégés par la licence GPL3 ?
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