Logiciel libre, un écho favorable ? une prise de responsabilité
Mercredi, 20 avril 2005
Vu sur ledevoir.com
Article tres interessant sur des commentaires d'utilisateurs dse logiciels libres.
Il semble que la
chronique de la semaine dernière sur le logiciel libre vous ait
particulièrement interpellés, si j'en crois le nombre de commentaires
reçus. Vous avez été nombreux ? réagir ? cette question: «Vous
sentez-vous une responsabilité morale ? soutenir d'une quelconque façon
le logiciel libre?»
Exceptionnellement, vu la très grande qualité de vos
interventions, cette chronique fera une très large place ? vos
commentaires et reviendra ? sa programmation habituelle la semaine
prochaine.
Sans trop de surprises, la grande majorité des commentaires
provenaient de personnes utilisant déj? le logiciel libre. Si la
plupart des répondants ne sont que de simples utilisateurs, d'autres
proviennent du milieu des affaires, comme le consultant Fabian
Rodriguez qui déclare soutenir avec force et passion le logiciel libre
dans le cadre de son travail.
«Depuis quelques mois, en tant que consultant ? temps plein
proposant des logiciels libres pour la plupart de mes mandats, j'ai
adopté quelques habitudes ? ce sujet. Pour ma part, mes derniers
apports ont été :
- Mozilla Foundation (achat pour environ 300 US$ de matériel
promotionnel ainsi que des dons de 50 $ par journée de consultation
consacrée ? leurs produits);
- SourceForge.net (donateur niveau 1);
PDFCreator — environ 100 $ pour encourager la résolution
certains bogues, et 50 $ pour chaque client qui me l'a demandé
- Wordpress — 50 $ ? la suite de suite cet article (merci Michel).
J'ai d'ailleurs constaté que seulement 179 dons avaient été enregistrés
par Paypal (le mode de paiement choisi par Wordpress);
- Ubuntu.com / Debian.org — 50 $ par semaine de consultation consacrée ? l'une ou l'autre de ces distributions Linux
Pour l'instant, Mozilla est le principal bénéficiaire
de mes dons, car c'est le logiciel qui me fait travailler le plus. Par
ailleurs, j'encourage mes clients ? faire des dons et ? devenir membres
de FACIL (www.facil.qc.ca). Ã?a c'est moins facile. C'est un peu comme
manger biologique/organique/équitable/végétarien … c'est une bonne
habitude.»
Donner du temps
De son côté, Erwan, un utilisateur peu fortuné si on en croit ses dires, compense en donnant du temps ? la communauté du libre.
«J'utilise de nombreux logiciels libres. Le plus utilisé, pour ma
part, est Firefox et son compagnon Thunderbird. Je n'ai pas vraiment
beaucoup d'argent, donc je donne de mon temps sur le forum d'aide
francophone et je traduis des extensions (pour le fureteur Firefox)
quand mon temps me le permet.
Votre billet, et plus spécialement le titre et la dernière partie
est le reflet exact de ce que je pense : un don pour les fortunés, et
un peu de temps pour les autres; tout le monde a une expérience et peut
la faire partager. Le libre n'a pas d'avenir sans communauté.»
Le fureteur Firefox semble d'ailleurs être un point commun ? nombre
de réflexions sur le sujet du libre. La popularité sans cesse montante
de ce concurrent d'Internet Explorer a incité plusieurs utilisateurs,
tel Richard Gagné, ? prendre conscience que le logiciel libre pouvait
être une solution de rechange valable au logiciel propriétaire.
«J'ai commencé ? utiliser Firefox en décembre 2004. Je cherchais
alors une façon de me débarrasser des fameux pop-ups de publicité non
sollicitée. Je peux vous dire que je n'ai pas été déçu et que je
n'utilise plus Internet Explorer que pour les sites qui l'exigent. Je
me demandais si je devais contribuer financièrement au développement de
ces applications tellement supérieures aux produits de Microsoft. C'est
donc avec plaisir que j'ai pris connaissance de votre article dans Le
Devoir, article que j'ai trouvé particulièrement éclairant sur toute
cette question. Comme contribution, j'ai donc décidé de me procurer
plusieurs articles de la boutique Mozilla.»
Un frein
Certains, comme Pierre Lesage, voudraient contribuer financièrement
? encourager des communautés du libre. Toutefois, le paiement en ligne
semble être un frein ? cet encouragement.
«Je me suis questionné comme vous ? plusieurs reprises, mais je
dois avouer que, jusqu'? maintenant, je suis hésitant ? transmettre des
contributions. Je vous soumets quelques éléments qui alimentent encore
ma réflexion comme de la difficulté ? payer en dollars canadiens dans
de nombreux cas. Même sur des sites d'excellente réputation comme
Mozilla où l'on semble disposé ? accepter cartes de crédit ou Paypal,
la procédure n'est pas claire.
On semble acheminé vers Paypal que je ne désire pas utiliser.
J'éprouve un inconfort ? m'avancer dans une procédure dont j'ai de la
difficulté ? m'imaginer d'avance où elle va m'amener et comment elle va
le faire;
Bref, je suis plus enclin ? l'idée de contribuer au développement
dans le cas du logiciel libre (OpenOffice, Mozilla) que dans le cas de
certains logiciels gratuits où j'ai eu souvent le sentiment que le
montant de la contribution suggérée était élevé.»
� ceci, je me permettrais de répondre ? M. Lesage que rien ne vous
oblige ? donner un montant important. Ce qu'il y a de bien avec le
libre, c'est que chacun est libre d'estimer la valeur qu'il accorde ?
un produit. Si selon vous, la valeur que vous donnez ? une suite
bureautique libre comme OpenOffice est de 50 $, et que moi j'estime
plutôt que sa valeur est de 20 $, nous avons tous les deux raison.
Ã?duquer
J'ai particulièrement aimé le commentaire de Martin Boisjoly qui,
en plus de contribuer financièrement ? certains projets en code source
libre comme Firefox et �dulinux, estime qu'en éduquant ses proches au
libre, son apport aura plus d'impact ? long terme.
«�tant un ancien "installateur-configurateur de PC" (lire MS
Windows), j'ai offert ? ma soeur pour Noël, un PC d'occasion (PII-400)
tout frais configuré avec Edulinux 2004, Firefox, les petits
haut-parleurs, l'accès ? Internet, etc. Elle n'y a vu que du feu et
elle me rappelle, ? l'occasion, combien elle est aux anges depuis
qu'elle utilise cette machine !. J'en prépare déj? un autre pour un de
mes beaux-frères, avec Ubuntu (Debian).»
Certains internautes, comme Pierre Lachance, ont choisi de réagir
sur leur carnet Web, et non pas par courriel ou par un commentaire sur
mon blogue. M. Lachance s'interroge sur la notion même de
responsabilité que j'ai soulevée dans ma chronique.
«Le mot responsabilité me semble lourd, car je n'ai jamais eu une
poussée de fièvre ? faire un don ? un scientifique qui a eu l'amabilité
de livrer ses découvertes ? l'humanité. Je caricature, mais ? peine car
le monde du logiciel libre n'est pas seulement le produit final qu'est
le logiciel (comme Firefox ou autre), mais de la documentation libre,
disponible, utilisable, modifiable et redistribuable, une communauté
qui aide dans des forums/liste de diffusions/site Web et une
philosophie bien différente de celle véhiculée par le logiciel
propriétaire.
«Liberté, voil? ce que je respecte. La liberté de contribuer en
documentant (ce que je fais grâce, entre autres, Linux�duQuébec). La
liberté d'aider les utilisateurs par le courriel/liste/forum. La
liberté de modifier/redistribuer une application comme WikiNiMST. La
liberté de m'inscrire au MandrakeClub ou de faire un don ? Wikipedia.
Mais je ne considère pas ces gestes comme une responsabilité, car je
n'y suis pas obligé, c'est l? la différence avec le monde du logiciel
propriétaire.
«Oui, pour moi un logiciel libre est plus qu'un exécutable (outil)
sur mon poste. C'est de la connaissance. Et pour moi la connaissance
appartient ? tous. Oui, je contribue de différentes façons au logiciel
libre. Oui, j'utilise les logiciels libres. Et non ce n'est pas parce
qu'ils sont gratuits.»
Le point de vue du développeur
En conclusion, je m'en voudrais de passer sous silence la réflexion
de Berthélémy Dagenais, étudiant en informatique et génie logiciel ?
l'UQAM, lui-même concepteur de logiciel libre, qui ne peut s'empêcher
de réfléchir ? ces questions sous l'angle du développeur. Selon M.
Dagenais, il apparaît évident que l'on assiste ? une remise en question
de la profession de développeur logiciel : «Si on ne peut plus gagner
sa vie ainsi parce que l'on ne peut plus obtenir une rétribution juste
pour le travail qu'on a accompli, le métier devient alors rapidement
l'apanage des plus riches ou de ceux travaillant pour les grandes
entreprises. La communauté des logiciels libres aura bientôt ? se poser
certaines questions sinon elle contribuera elle-même ? son déclin.»
Toujours selon M. Dagenais, il existe plusieurs façons de diminuer
ses goûts et d'augmenter ses revenus avec un logiciel libre. «Des sites
comme SourceForge.net offrent une multitude de services gratuits
(hébergement Web, ferme de compilation, contrôle des sources) pour les
projets de logiciels libres. De plus, il est toujours possible comme il
est mentionné dans l'article de souscrire ? un programme de dons ou de
vendre une documentation plus détaillée ou une version commerciale du
produit. La publicité reste d'après mon expérience le moyen le plus
répandu d'obtenir un revenu faible, mais durable pour un projet de
logiciel libre.»
On peut répondre qu'il restera toujours un marché pour des
applications (propriétaires) spécialisées ou plus complexes, mais si le
mouvement des logiciels libres a réussi ? accoucher d'un système
d'exploitation (Linux), il semble alors que ce mouvement soit capable
de tout, ce qui est tout de même extraordinaire en soi. (…) J'utilise
chaque jour des logiciels libres ou des composants libres que
j'incorpore ? mes propres logiciels et je me trouve chanceux de vivre ?
une telle époque.
Publié par Webmaster | Pas de commentaire
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