Linux sur votre telephone portable?

Mercredi, 24 août 2005


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Catégorie: Actualités
par Webmaster
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gnl

Les fabricants de terminaux semblent se tourner vers l'open-source,
multipliant des annonces prometteuses. Mais pour le moment, les leaders
des systèmes d'exploitation pour mobiles n'ont pas ? s'inquiéter.

On le sait, les téléphones mobiles se transforment petit ? petit en
véritables PC de poche communicants, portés par les nouveaux réseaux
sans fil ? haut débit: GPRS, UMTS et bientôt HSDPA. C'est dire
l'importance des systèmes d'exploitation dédiés permettant de faire
fonctionner ces terminaux multimédias.

Sur ce terrain, Symbian, consortium réunissant Nokia (NOK)
et d'autres fabricants, est le leader incontesté du marché des
«smartphones» (mobiles intelligents) avec une part supérieure ? 60%.
Derrière lui, Windows Mobile de Microsoft (MSFT) a encore bien du mal ? s'imposer.


Mais un autre acteur pourrait changer la donne. Il s'agit bien sûr de Linux. L'open source frappe fort ? la porte du marché des mobiles. Depuis quelques mois, les annonces se multiplient.

Après Motorola (MOT)
qui a annoncé que la moitié de ses mobiles seront ? terme motorisés par
un OS dérivé de Linux et de Java, c'est au tour de PalmSource (PSRC) de confirmer sa préférence pour un système d'exploitation open source.

Lors d'une téléconférence, Patrick McVeigh, directeur général par
intérim de l'éditeur, a été très clair. L'entreprise se concentrera
désormais uniquement sur Linux. Traduction: PalmOS abandonne Cobalt 6.1
sur lequel il avait pourtant placé beaucoup d'espoirs.

Ce passage ? l'open source n'est pas une nouveauté. Lors
du dernier congrès 3GSM de Cannes, l'éditeur avait déj? préparé le
terrain en disant tout le bien qu'il pensait du Pingouin et surtout en
confirmant des acquisitions dans ce secteur.

En décembre 2004, l'éditeur a annoncé le rachat de China MobilSoft
Limited (CMS), acteur majeur des logiciels pour la téléphonie mobile en
Chine développées sous Linux, en particulier avec sa filiale MobilSoft
Technology.

L'Asie: première cible

«C'est la prochaine étape de notre progression et un mouvement majeur
pour l'industrie des téléphones mobiles» avait déclaré David Nagel, CEO
de PalmSource. «Nous projetons d'offrir la simplicité d'utilisation et
la flexibilité de Palm OS ? tous les téléphones mobiles».

En mai dernier, Nokia confirmait le lancement d'une nouvelle génération
de terminaux: un PDA sans téléphone mobile, mais connecté ? Internet en
Wi-Fi et équipé d'un OS open source dérivé de Linux.

En mars dernier, Siemens Mobile annonçait le passage ? l'open source
pour les plates-formes logicielles utilisées pour «motoriser» ses
combinés. Il s'agit de réduire les coûts et d'accélérer les temps de
production. Mais on ne sait pas si BenQ, nouveau propriétaire du
fabricant, poursuivra sur ce terrain. Samsung a également investi ce ce
terrain.

Ces multiples annonces répondent ? plusieurs facteurs: baisser les
coûts de développements avec des OS libres, contrer la domination de
Symbian et les velléités de Microsoft et enfin, attaquer les marchés
émergents avec des combinés ? prix très serrés et l'Asie, l? où Linux
se développe ? grands pas.

Pour autant, la part de marché de Linux dans ce secteur est encore très
faible: moins de 1%. Et il faudra que de nombreux fabricants disent oui
? Linux avant que Symbian ou Windows Mobile soient inquiétés.

Symbian étrillé

Mais l'optimisme est au rendez-vous. Selon Stéphane Deruelle, directeur
Europe du Sud de Montavista, éditeur de solutions logicielles Linux
pour mobiles, «la part de marché de Linux dans les mobiles est plus
importante qu'on le croît». Tout en concédant que la grande partie du
parc se situe en Asie.

«En Europe, les choses commencent ? bouger, notamment avec les annonces
de Palm ou de Motorola», poursuit le directeur. Pour Stéphane Deruelle,
la croissance de Symbian sur le Vieux continent est freinée par Symbian
qui fait pression sur les fabricants.

L'ennemi est donc clairement défini. Et l'éditeur n'hésite pas ?
tailler un costard au leader. «Symbian propose une solution qui se
prétend ouverte mais qui en réalité présente un bon nombre de
contraintes», souligne Stéphane Deruelle.

«Symbian est une plate-forme commune que les fabricants et opérateurs
ont du mal ? paramétrer, alors que Linux est complètement ouvert et
permet d'importantes économies de licences».

Symbian rejette cette vision. Si l'éditeur propose aux fabricants de
combinés et aux opérateurs une plate-forme commune, ouverte et
homogène, elle est fortement personnalisable. Symbian appelle cela la
«plate-formisation» de l'O.S. qui permet une segmentation du produit ?
partir de la même plate-forme. Ce qui permet aux opérateurs de décliner
des services ? moindres coûts.

Le consortium, qui se veut serein, affûte néanmoins ses arguments:
«Linux n'est pas une plate-forme déclinable pour mobiles, c'est juste
un O.S.», prévient immédiatement Simon Garth, vice-président marketing
de Symbian. «Il faudra du temps pour développer une alternative
sérieuse et homogène. Ce développement exigera des coûts importants.
Ceux qui pensent que Linux est gratuit se trompent gravement».

En effet, l'intégration est le point noir de Linux pour mobiles. «Je
reconnais que cela peut être difficile», concède Stéphane Deruelle.

Windows Mobile dans la ligne de mire

C'est pourquoi MontaVista vient d'annoncer la version 4.0 de sa
plate-forme MobileLinux, qui permet notamment aux fabricants d'utiliser
un seul OS pour différents usages. Outre des améliorations en
consommation et en rapidité (exécution d'applications via la mémoire
«flash» par exemple), MobileLinux 4.0 permet donc aux fabricants de
réduire ou d'augmenter la richesse des fonctions proposées.

MiontaVista prend donc le contre-pied de Symbian. Pour autant, la route
sera encore longue avant que le leader ne soit inquiété. D'un autre
côté, une place de challenger est envisageable… Linux pour mobiles
pourrait ainsi venir titiller Windows Mobile (18% de part de marché)
notamment grâce au choix de PalmSource (10% de PDM) de se tourner vers
Linux.

PalmSource et MontaVista Software ont en effet annoncé qu'ils
s'associaient pour accélérer le développement de la prochaine
génération de téléphones mobiles basés sur Linux.

L'objectif de devenir numéro deux n'est pas affiché, mais MontaVista
considère que Linux en a les moyens. Selon l'éditeur, Microsoft fait
fausse route dans sa stratégie mobile. «Leur force de frappe est
impressionnate mais vouloir ? tout prix rapprocher le PC du téléphone
avec des systèmes fermés n'est pas la bonne solution. Par ailleurs, les
fabricants de mobiles ne veulent pas que l'histoire se répète»,
explique Stéphane Deruelle. Traduction: personne ne veut laisser
Microsoft reproduire dans le téléphone le succès et la domination qu'il
connaît dans le monde PC.

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