Linux dans les ligues majeures
Samedi, 23 avril 2005
Vu sur Direction Informatique
Si
la communauté Linux était un rassemblement de passionnés il y a
quelques années, de plus en plus d'entreprises y consacrent désormais
une attention grandissante.
Patrice-Guy Martin, rédacteur en chef de Direction informatique.
Plus tôt cette
semaine, j'étais ? Toronto pour assister ? LinuxWorld, une foire
commerciale dédiée ? l'environnement Linux. Sur trois jours,
conférences et salle d'exposition entièrement dédiées ? tout ce qui
tourne autour de cet univers qui attire de plus en plus l'attention des organisations.
Il est assez fascinant de constater l'évolution de cette plateforme
informatique et de ses promoteurs. Apanage des geeks et des techies il
y a quelques années, on voit aujourd'hui des gestionnaires de diverses
organisations et des fournisseurs de haut calibre embarquer dans ce
train.
Les plus importants partenaires de ce salon, les Novell, IBM, HP et
Cisco étaient, il n'y a pas si longtemps, des fournisseurs qui ne
juraient que par leur architecture propriétaire. De les voir
aujourd'hui épouser la philosophie du code source libre et de
l'architecture ouverte est certainement d'un grand intérêt pour les
gestionnaires des TI qui détestent être enfermés dans une boîte avec
les mains attachées face ? leurs fournisseurs.
Il faut croire que ces
fournisseurs réalisent qu'une philosophie ouverte constitue un attrait
pour la clientèle et que cela peut générer des ventes importantes en
matière d'équipement et de services, voire de certains autres
logiciels.
Il y a plusieurs éléments qui intéressent les gestionnaires de
TI ? l'égard du phénomène Linux. Le coût nul ou faible des licences du
système d'exploitation attire sans doute la curiosité ? l'origine, mais
ce n'est sans doute plus un facteur déterminant. S'il y a des chicanes
? ce sujet ? coup d'études du coût total de possession, il est clair
que cet élément n'est pas nécessairement crucial dans l'ensemble de
l'équation.
Dans le cadre d'une présentation aux journalistes en marge de
LinuxWorld, IBM avait réuni deux de ses clients qui ont choisi
l'environnement Linux pour diverses raisons, qui ne tiennent pas toutes
au coût initial des licences du système d'exploitation sur les postes
de travail ou les serveurs. Une meilleure sécurité, la possibilité
d'étendre la durée de vie des équipements, la facilité d'utilisation et
de gestion avec des ressources limitées, etc., comptaient parmi les
critères déterminants de choix de ces deux organisations.
Le mouvement du code source libre change également la dynamique
de l'industrie. Lorsqu'une entreprise comme IBM offre des serveurs qui
incorporent Linux, ils utilisent Red Hat ou Novell-Suse. Ce qui
nécessite une collaboration étroite avec les fournisseurs de ces
distributions, comme me le confirmait le président de Novell Canada,
Don Chapman. Ce qui ne les empêche pas de s'affronter le lendemain sur
d'autres terrains. Coopétition est le terme le plus approprié ici.
Cette dynamique incite également les joueurs de l'industrie ?
contribuer ? l'innovation par leurs technologies, mentionnait Scott
Handy, vice-président responsable de Linux chez IBM Corp., qui
rappelait que l'entreprise avait rendu disponibles nombre de ses
brevets ? la communauté du code source libre.
Pour M. Handy, cela peut être une stratégie qui permet de débloquer des
points de contrôle technologique qu'un fournisseur peut exercer sur un
créneau ou une technologie (pas besoin d'être devin pour savoir ?
quelle entreprise pense M. Handy en affirmant cela), en offrant une
technologie concurrente, possiblement supérieure, ? la communauté.
Surtout que selon lui, ce ne sont pas nécessairement les meilleures
technologies qui ont le plus grand succès sur le marché.
Si IBM avait pensé ainsi au milieu des années 1990, plutôt que
de voir disparaître OS/2 tranquillement mais sûrement, incapable de
contenir la pénétration de Windows sur le marché, l'entreprise aurait
pu rendre le code source de son système d'exploitation disponible ? la
communauté. Le paysage de nos environnements informatiques en aurait
peut-être été modifié. Autres temps, autres mÅ?urs.
(Sans compter qu'OS/2 était déj? l'abréviation parfaite d'Open Source Operating System…!)
Publié par Webmaster | Pas de commentaire
Avant: Linux sur le bureau : les utilisateurs ne sont pas prêts
Apres: Mobilinux 4.0 de MontaVista, OS Linux pour Smartphones
Laisser un commentaire
Vous devez vous identifier pour laisser un commentaire.

