Le logiciel libre, une chance pour l’industrie
Lundi, 6 mars 2006
Tournant majeur de notre temps, le logiciel est devenu objet de notre quotidien, conséquence de l’émergence de la société numérique et des nouveaux modèles d’interaction qui l’accompagnent. Dans ce contexte, le logiciel libre et ouvert prend sa place aux côtés du modèle «propriétaire ».
L’informatique doit être comprise tout à la fois comme une science, une technologie et une industrie. Dans le monde scientifique, l’« open source » n’a rien de neuf. En amont de la chaîne, le logiciel est porteur de connaissance ;
il est donc naturel que l’ensemble de la communauté des chercheurs y ait accès.
En aval, confrontées aux défis de productivité, de performance et de sûreté de fonctionnement de systèmes informatiques de plus en plus complexes et interdépendants, les entreprises (PSA, EADS,EDF ) et l’administration (Gendarmerie nationale, ministère de l’Economie) témoignent d’un intérêt croissant pour les logiciels libres et ouverts.
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Elles y cherchent des solutions à leurs défis en ayant clairement conscience que ces solutions doivent se fonder sur des standards ouverts, sur l’interopérabilité des applications et sur la réutilisation maximale des briques technologiques.Ces dernières caractéristiques sont d’autant plus aiguës que les technologies portent sur les « commodités », c’est-à -dire sur ce qui est nécessaire au plus grand nombre.
Il devient alors profitable pour les entreprises, même concurrentes, de mutualiser les savoirs et les savoir-faire. Là se situe la légitimité du « libre » dans une économie complexe. Sa nécessaire professionnalisation - modalités de développement, gouvernance des écosystèmes, sécurité juridique, etc. - correspond à cette demande croissante des acteurs économiques, dont l’interdépendance s’intensifie dans une économie de services.
Il faut donc admettre que le logiciel libre et ouvert ne se résume pas à la «résistance » contre l’hégémonie des acteurs du logiciel dit
propriétaire, mais qu’il est devenu un acteur de l’économie de nos sociétés modernes.
Elle pose avec acuité la brûlante question de la propriété de biens immatériels : que veut dire la propriété de la connaissance dans une société de partage de l’information et de la connaissance ? Une nécessaire protection juridique du logiciel libre n’exclut pas que son exploitation relève sinon de la gratuité au moins du bien commun.
complémentarité et de confiance. Ce modèle de développement facilite la transition du logiciel libre de l’« objet de recherche », déconnecté des enjeux du marché, vers un « objet de transfert » intégré aux logiques industrielles sans renier la démarche de recherche scientifique.
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