Le logiciel libre menace-t-il vraiment l’innovation ?

Mardi, 1 novembre 2005


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Catégorie: Actualités
par Webmaster
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gnl

Le
logiciel libre provoque une dévalorisation patrimoniale des licences et
favorise l'innovation par accumulation compétitive.

Comme
l'a suggéré récemment un vice-président du Gartner, Bob Hayward, l'open
source peut avoir un effet négatif sur l'innovation en décourageant
l'investissement chez les éditeurs commerciaux. Le Gartner estime que
les ventes de licences représentaient plus de 80 % des revenus des
éditeurs (contre 20 % pour les services) au début de la dernière
décennie, alors qu'elles comptent pour moins de 50 % aujourd'hui

On
pourrait déduire de cette hypothèse que les éditeurs deviennent des
SSII. Ce qui constituerait en soi une innovation majeure dans le mode
de production et de distribution du logiciel. Bien que les chiffres du
Gartner soient sujets ? caution, et que les situations varient
considérablement d'un éditeur ? un autre, le glissement vers les
services est une réalité. Or, le Gartner attribue une partie de ce
phénomène ? la montée de l'open source.

La fin de la récréation en matière de dépenses

Le
modèle économique du logiciel libre, en s'imposant comme courant majeur
sur le marché, tend ? déplacer l'essentiel de la valeur vers les
services et pousse les licences vers la gratuité. Mais cette vision de
Bob Hayward est encore trop avancée et sous-estime une autre réalité.

La concurrence du libre ne s'est pas encore fait sentir, jusqu'? présent, en dehors du domaine des logiciels de
« commodité »
(systèmes d'exploitation, middleware), dans lequel il existe
une tendance très ancienne ? la baisse des prix. En réalité, le logiciel n'a pas échappé ? une
« loi »
de croissance commune ? tous les marchés émergents.

Il
a connu pendant près de 15 ans (de 1985 ? 2000) une phase de très forte
croissance, voire de surchauffe, suivie d'une stagnation depuis 4 ou
5 ans.

Les
grands utilisateurs sont confrontés ? deux difficultés de nature ?
freiner leurs investissements en licences logicielles. La première : la
« mise au pas »
des
services informatiques (reprise en main par les directions
fonctionnelles, toute-puissance des achats, pression sur les budgets,
impératifs de gouvernance…) a sonné la fin de la récréation en
matière de dépenses.

La
seconde : les parcs logiciels installés sont tels qu'on peut,
aujourd'hui, considérer que les grands comptes sont ? la fois
sur-équipés et mal équipés. La valeur ajoutée des produits
supplémentaires (voire des renouvellements de licences) est de plus en
plus difficile ? démontrer. Les utilisateurs attendent des solutions et
sont devenus
« technosceptiques »
. Ils savent qu'un projet ne se gagne plus grâce ? un
produit.

Le libre peut débloquer un marché monopolisé

L'arrivée
du logiciel libre sur un marché dissuade les éditeurs commerciaux d'y
investir. On pourrait donc en déduire qu'il paralyse, dans un certain
sens, les initiatives innovantes dans les domaines où il intervient.
Mais sur ce plan, il n'y a rien de nouveau.

Il
y a 10 ans déj? , aucun éditeur ne pouvait espérer survivre s'il
cherchait ? innover dans un secteur déj? investi par l'un des majors ;
il ne faisait pas bon se mettre en travers du chemin de Microsoft,
Oracle ou SAP. Quels que soient ses succès récents, l'open source n'est
pas encore aussi dissuasif ? l'égard des éditeurs innovants que ne
l'étaient les majors des années 90.

Au
contraire, le logiciel libre s'avère un outil de déverrouillage de
l'innovation dans les secteurs où cette même innovation était
jusqu'alors entièrement contrôlée par des acteurs dominants. D'abord,
parce qu'un produit open source peut s'imposer face ? un monopole ou un
oligopole bien installé (OpenOffice.org, MySQL, JBoss), et donc
débloquer un marché dans lequel aucun éditeur de logiciels
propriétaires indépendant ne pourrait survivre.

Ensuite,
parce que le logiciel libre est, par définition, réutilisable, et qu'il
peut donc, une fois publié, être incorporé dans des produits ? forte
valeur ajoutée (y compris par des concurrents de son auteur). Le
logiciel libre, tout en provoquant une dévalorisation patrimoniale des
licences, favorise donc l'innovation par accumulation compétitive.

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