Des jeux et des contenus libres

mardi, 19 septembre 2006


(1 votes, Note: 5,00 sur 5) 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading...
Catégorie: Creative Commons,Divers
par J.Ducastel , publié sous licence Creative Commons
Nombre de lectures: 115 views
Commentaires fermés sur Des jeux et des contenus libres

Il est une question que chaque croisé de linux et du logiciel libre redoute particulièrement lorsqu’il vante les mérites de son système d’exploitation préféré : Et les jeux ?

capture d'ecran de Battle For Wesnoth

Parce qu’il faut bien avouer que de ce coté là, c’est pas folichon. Hormis les FPS, rien de bien sexy pour les joueurs invétérés. Les fleurons que sont Freeciv, Wesnoth, SuperTux feront ricaner comme une hyène le moindre gamer à qui vous en parlerez. Moi je ne compte pas, même lorsque j’utilisais encore Windows je passais des heures sur des oldies en 3D isometriques, qui pour la plupart n’avaient même pas connu la gloire.

Et encore, rares sont les classiques des jeux videos qui ont un clone decent sous GNU/Linux. Les plus accros des joueurs libristes devront lutter avec des solutions de type emulation (Wine, Dosbox) pour s’amuser sans avoir à rebooter sur l’OS aux fenetres.

(Histoire de ne pas dresser un tableau trop noir, sachez qu’il existe quand même quelques jeux fort sympathiques, allez par exemple faire un tour du coté de Jeux libres)

logo creative commons

Outre la question cruciale du financement (le jeu video est un secteur particulierement juteux de l’informatique proprietaire), un des problèmes récurrents des projets de jeu libre est commun à tout le logiciel-libre : le manque de graphistes. En 2006, le logiciel-libre est encore avant tout un truc de programmeurs. Le versement de son travail au pot commun est probablement plus facile lorsqu’il s’agit de code source que lorsqu’il s’agit de contenu et de graphisme. Une librairie ne s’use pas lorsqu’elle est utilisée, au contraire cela renforce sa pérennité, alors qu’une image, un style graphique sont plus consommables. De plus, l’investissement créatif renforce le sentiment de propriété et la peur de dépossession de son oeuvre. A ce sujet, on notera pourtant que les graphistes sont presque toujours obligés de céder la propriété intellectuelle de leur oeuvre lorsqu’ils travaillent pour des jeux commerciaux, ce qui ne serait pas le cas avec des licences libres de type Creative Commons.

Ce qui est un problème de ressources pour le logiciel libre l’est tout autant pour les jeux commerciaux : le contenu coute cher. Nombreux sont les jeux qui heriteront de graphismes pauvres et répétitifs, d’un scenario et de dialogues baclés, faute de budget. Et voici l’idée de génie que la communauté ferait bien d’emprunter au futur jeu de Maxis, Spore (ainsi qu’au Web 2.0 se diront les plus branchés d’entre vous) : faire produire les contenus par l’utilisateur.

editeur de creatures de Spore

Spore, qui au demeurant s’annonce assez sympathique, inclura plusieurs éditeurs (créatures, batiments, véhicules) au sein même du jeu, suffisamment ergonomiques pour pouvoir être facilement pris en main. Les éléments ainsi créés seront partagés entre les joueurs via internet, offrant au jeu une diversité bien au-delà de ce qu’aurait pu fournir un bataillon de graphistes. Chaque élément sera encodé sous forme de « code génétique » de manière à ne peser que quelques kilo-octets (ce qui est tout à fait banal pour une image vectorielle par exemple). Le moteur de jeu se charge de calculer les animations à partir du modèle physique des éléments.

Plutot que de simplement tenter de cloner Spore, la méthode est à reprendre à l’échelle de la communauté :

  • Définir quelques formats standards de brique de contenu : tuiles 3D iso, palettes de couleur, modèles 3D simplifiés etc
  • Quelques editeurs graphiques simples et ergonomiques
  • Un ou plusieurs editeurs (inclus dans les jeux ?) permettant de rajouter les meta données propres à un jeu, de composer des sets etc
  • Et bien sûr, un système de partage en reseau

Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr, d’autant que le jeu et le client riche ne sont pas franchement mon terrain de jeu; mais je crois qu’il y a là matière à enrichissement de l’expérience ludique sur plate-formes libres.

Publication initiale sur fredbird.org sous licence CC-BY-SA

Les commentaires sont fermes.