Comment MySQL et JBoss marchent sur les traces de Linux
Mercredi, 27 avril 2005
Vu sur ZDnet
C'est une tendance lourde
de l'industrie IT: chaque brique de l'infrastructure est tôt ou tard
conquise par un logiciel libre. Après Linux, Apache et PHP, c'est au
tour de MySQL et de JBoss de s'imposer peu ? peu sur leur marché.
Explications.
La nouvelle a fait
sensation: après Yahoo et Google, Sony, Motorola ou la Nasa, SAP - n°1
mondial des PGI - vient de retenir la base de données open source MySQL pour stocker les informations critiques des entreprises.
SAP s'appuiera sur la prochaine version de MySQL. Le support des
transactions, des triggers et des procédures stockées figurent au menu
des améliorations prévu dans MySQL 5.0. Une version bêta est attendue
pour la fin de l'année.
SAP ne prend pas beaucoup de risques sur un plan technique. MySQL
est déj? installé sur plus de 4 millions de serveurs et plus de 30 000
copies sont téléchargées chaque jour sur le site de l'éditeur. Autre
signe qui ne trompe pas, phpMyAdmin - outil d'administration de
référence de MySQL- figure dans le top 3 des projets les plus actifs de
sourceforge, parmi plus de 70 000 développements open source référencés.
Et l'on pourrait ajouter ? la liste les cas de Novell et de Sun,
qui intègrent déj? MySQL ? leur système d'exploitation respectifs.
«Utilisez MySQL comme base de données par défaut si vous voulez
économiser de l'argent. Si Yahoo et Google reposent entièrement sur
MySQL, il y a certainement une large part de vos activité qui le peut
aussi», déclarait récemment Scott McNealy, P-DG de Sun lors du salon
ComputerWorld.
MySQL et SAP seraient-ils en
train de rejouer le scénario Linux/IBM? Tout porte ? le croire. IBM a
déclenché fin 1999 l'entrée ? grande échelle de Linux dans les
entreprises du monde entier, en faisant de ce système d'exploitation
son OS par défaut. SAP s'apprête ? parrainer l'entrée de MySQL au coeur
du système d'information de millions d'entreprises. L'éditeur souhaite
en effet conquérir le coeur des PME avec son offre "SAP Business One"
qui repose sur Linux et prochainement sur MySQL. Ne manquerait plus
qu'un serveur d'application open source…
Leader mondial des bases de données avec 40% de parts de marché (
en 2002 selon IDC), Oracle accuse le coup. SAP est en effet l'un de ses
principaux clients indirects. Oracle risque de subir le même sort que
Sun, SCO, HP et IBM sur le marché Unix. Car au del? du PGI, la
reconnaissance technique qu'apporte cet accord devrait faire réfléchir
nombre de directions informatique sur l'intérêt de payer des centaines
de milliers (voire parfois des millions) d'euros de licences Oracle
8/9i. C'est d'ailleurs aussi le cas des licences DB2 et SQL Server.
De son côté, SAP permet ? ses clients d'investir une part plus
importante de leur budget dans des modules métier plutôt que dans de
l'infrastructure technique. Entreprises, petits éditeurs (ISV pour
Independent Software Vendors) et communauté open source apparaissent
comme les gagnants, au grand dam des fournisseurs d'infrastructure.
L'histoire de l'informatique semble donc se répéter invariablement.
Arrivée ? maturité, une technologie est implémentée avec succès par la
communauté open source et s'impose - ? l'image d'Apache, Linux, ou PHP
- comme une solution de référence. Les éditeurs se voient alors
contraints de proposer des services ? plus forte valeur ajoutée pour
conserver quelques parts de marché. L'exemple de Novell est, ? ce titre, très révélateur.
JBoss et Tomcat, outsiders de IBM et BEA sur le marché des serveurs d'applications J2EE
Après les binômes IBM et Linux, SAP et MySQL, il ne manquerait plus qu'un accord entre JBoss
et un éditeur de taille pour boucler la mue open source de
l'infrastructure e-business (système d'exploitation, serveur web,
serveur d'application et base de données).
Techniquement, JBoss rivalise en effet avec WebSphere d'IBM et Weblogic de BEA. Selon une récente étude de Doculabs, ce serveur open source s'est même révélé plus rapide que Weblogic et Websphere pour exécuter des services web (SOAP / WSDL).
JBoss est déj? très répandu en entreprise. C'est le quatrième
projet sourceforge.net le plus actif (sur plus de 70 000) et il a déj?
été téléchargé plus de 3,5 millions de fois depuis début 2002 (dont 1,5
million de copies ces 6 derniers mois). WebMethods (un des leaders
mondiaux de l'EAI) l'embarque déj? dans ses solutions critiques, et
d'autres éditeurs tels que Arjuna, abaXX, Borland, Collaxa, Gluecode,
Oak Grove et SpiritSoft ont déj? signé des accords de partenariat.
De son côté, Tomcat
est le serveur JSP/Servlet open source le plus utilisé. Soutenu par la
Fondation Apache, cet outil est intégré ou sert de base ? de nombreuses
offres d'éditeurs, tels que Computer Associates ou Borland. Le socle
technique de "WebSphere Application Server Express" de Big Blue
s'appuie d'ailleurs sur Tomcat (et Eclipse).
Si les éditeurs de base de données et de serveurs d'applications
continuent d'affirmer en choeur que l'open source ne représente pas une
menace sérieuse pour leurs ventes, l'accord signé entre SAP et MySQL AB
pourrait contribuer ? modifier leur discours.
Pourtant, aucun cabinet d'analyse n'inclut encore MySQL et JBoss
dans ses études de marché. Histoire de ne pas effrayer les éditeurs?
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