[Afrique]Espace Ntic : les promesses du logiciel libre
Mercredi, 22 juin 2005
Il représente une alternative de plus en plus explorée en Afrique pour contrer les logiciels propriétaires.
Dans le vaste marché sans cesse évolutif des
logiciels, les entreprises, celles d'Afrique en particulier, ont du mal
? s'adapter. D'abord pour le coût financier que cela implique et du
fait des difficultés réelles d'arrimage ? l'innovation technologique.
Surtout lorsque les constructeurs de logiciels imposent leur dictature.
On se souvient par exemple que la firme Microsoft a annoncé, il y a
quelque temps, la fin du support pour Windows 98, forçant ainsi ses
clients ? migrer vers Windows 2000 ou mieux, XP. Alors qu'en Afrique,
le système d'exploitation Windows 98 est encore répandu, le coût de
l'évolution vers les nouvelles plate-formes (acquisition de logiciels
sous licence) représente un investissement souvent suicidaire pour les
entreprises africaines, freinant ainsi leurs efforts de conquête des
espaces de représentativité dans la société de l'information.
Il existe pourtant une alternative, présentée de
plus en plus comme la voie du salut pour les organisations, en ceci
qu'elle démocratise l'accès ? l'ingénierie logicielle sur la base du
partage des savoirs de personnes qui, bénévolement, participent ? la
société de l'intelligence. C'est un mouvement qui se distingue de
l'informatique traditionnelle en ce sens qu'il est fondé sur une
collaboration entre utilisateurs et développeurs ainsi que sur la
disponibilité complète du code source des logiciels, d'où l'appellation
" open source ".
Une chance pour l'Afrique
L'Open-Source est cependant une notion plus
large, qui englobe ? ce jour une offre de plus de 6000 logiciels dans
tous les domaines (serveurs, multimédia, bureautique, Internet… Basé
sur les principes qui sous-tendent le fonctionnement de l'Internet, les
logiciels libres ont été rendus populaires par le système
d'exploitation Linux et le serveur Web Apache (60 % des serveurs dans
le monde Web utilisent le système d'exploitation libre Gnu/Linux et le
serveur Web libre Apache). Le développement de logiciels " open source
" favorise l'évolution d'une informatique dépendante d'éditeurs de
progiciels vers une informatique axée sur l'ingénierie système, en
recourant notamment ? des outils personnalisés, beaucoup plus légère et
moins coûteux comme l'approche objet et le développement d'application
selon les normes de langage Uml (Unified Modeling Language) qui
permettent de faire le lien entre les applications nouvelles et les
systèmes en place ? moindre coût.
Par exemple, le passage de Windows 98 ? XP
demande l'acquisition de toute une nouvelle licence, alors que le
système Linux, lui, ne demande pas une mise ? jour complète. Chaque
programme est facilement mis ? jour via le web. Pas besoin de tout
réinstaller. Les logiciels sont faciles ? intégrer dans les
architectures existantes. La disponibilité des codes sources permet une
détection et une correction rapides des dysfonctionnements éventuels,
et offre donc une meilleure garantie de fiabilité par rapport aux
logiciels propriétaires, considérés comme de véritables "boîtes
noires". Les logiciels peuvent aisément être adaptés aux besoins
spécifiques d'un groupe d'utilisateurs restreint et permettent la
réalisation de solutions propres ? un coût raisonnable. Une simplicité
qui ferait économiser beaucoup d'argent aux entreprises africaines,
tout en accélérant leur migration vers les sphères de la connaissance
partagée.
Des entreprises, et même des gouvernements, s'y
intéressent déj? . C'est dans cette optique que se sont tenues en
octobre 2004, au Burkina Faso, les premières rencontres africaines des
utilisateurs de logiciels libres ? Ouagadougou (Burkina Faso). Où il a
été clairement démontré que " les logiciels libres représentent, pour
le continent noir, l'espoir de ne pas être exclu de la société de
l'information. Ils ouvrent aussi des perspectives de formation et de
création d'activité commerciale".
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